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Actualités

James Laporte nous a quitté

L'ancien joueur du Stade Rochelais, James Laporte, nous a quitté la semaine dernière. Pour lui rendre hommage nous avons choisi cet extrait du livre 'Les 100 ans du Stade Rochelais' de J.M. Blaizeau qui lui est consacré. Nos pensées vont vers sa famille et ses proches.

Né le 30 mars 1930 à Saintes, James Laporte débute à Saujon à l’âge de 17 ans puis joue au S.C.O. d’Angers, ville où il poursuit ses études. Militaire en A.O.F., il dispute à Dakar la finale du …Sénégal. Démobilisé, il revient à l’U.S. Saujon pour la saison 1952-53 puis signe au Stade l’année suivante où il débute, sous le maillot Rochelais contre l’U.S. Cognac en championnat.

Mais plus que de longues phrases, l’itinéraire sportif de ce charmant garçon, avant intelligent et brave, partagé entre ses passions égales pour l’ovale et le ski, est suffisamment ponctué d’histoires truculentes pour nous faire apprécier toutes les facettes originales du personnage qui en faisaient une figure bien à part, dans le petit monde du rugby.

Le 10 février 1957, aux temps difficiles où il fallait lutter pour ne pas descendre, nos rochelais partent pour la Voulte jouer un match de championnat. Or, voilà qu’à la surprise générale, James débarque équipé en skieur avec tout le matériel, skis sur le dos… Accueilli dans l’hilarité, de joyeuses plaisanteries ne manquent pas de commenter sa tenue.

– "Je ne rentrerai pas avec vous, je vais faire du ski", déclare notre rugger.

Comme par hasard, sans doute, et voulant ménager son portrait, James fut moins agressif qu’à l’habitude, ce qui eut le don d’irriter son capitaine et n’empêcha nullement l’Ardechois Garnaroli de lui administrer une jolie « pigne » qui lui ferma l’œil droit.

En d’autres temps, cette marque de civilité ne serait jamais restée impunie…James ne broncha point. Quelques dizaines de minutes plus tard, sous un regroupement, Ping ! deuxième service… de son œil valide, il crut reconnaitre une manche « jaune et noir ». De retour au vestiaire, James Laporte, le faciès déformé lança à la cantonade :

- "Ce que je ne saisis pas, c’est qu’il m’a semblé qu’un Voultain portait un maillot jaune et noir, et j’aimerais bien comprendre !"

Et Nono Elissalde de répliquer :

- "Comme ça, tu peux aller faire le beau au ski, tu n’aura pas besoin de lunettes !"

Dans l’instant James avait comprit qu’il avait manqué à son devoir d’équipier, ce qui était, disons-le, exceptionnel. Le 22 février 1959, le Stade Rochelais se rendait à Béziers et l’aire de Sauclières était souvent le cadre de cuisantes défaites pour les visiteurs. Dans le pack Bitterois redouté de tous, œuvrait en seconde ligne un facteur nommé Gayraud qui n’avait pas la réputation d’être un agneau. La partie, à l’avantage des locaux, s’écoulait plutôt calmement lorsque James Laporte interpella son capitaine et demi de mêlée Elissalde :

- "Dis donc Nono, on a pas vu le facteur aujourd’hui !"

Réponse instantané du Bitterois dont l’oreille trainait :

- "T’inquiète pas il n’a pas encore fini sa distribution mais il n’en a pas pour très longtemps…"

Quelques instants plus tard, une superbe gifle écrasa le nez du rochelais bavard, et le généreux donateur se fit connaitre :

- "Tu vois l’facteur, ca y est il a terminé sa tournée !..."

Personne n’oubliera les couloirs de cet hôtel toulousain, où la veille d’une rencontre, tard dans la nuit, James déambulait à moitié nu, lisant à haute voix « le grand combat du quinze de France »… C’était là sa manière bien personnelle de se motiver. Et le lendemain, il se battit comme un grand !... En pensant sans doute à Lucien Mias et aux exploits des Français à Johannesburg, le 16 août 1958.

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