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« Tout faire pendant 80 minutes »

Dimanche, l’Atlantique Stade Rochelais affronte Agen en finale du championnat de Pro D2. À Bordeaux, les Rochelais devront répondre présent sur les bases du combat et de la conquête et se révéler efficaces offensivement pour gagner, dans un stade Chaban-Delmas qui s’annonce très largement coloré de jaune et noir.

Une équipe difficile à manœuvrer

Agen cette saison, c’est très solide. Avec 9 défaites seulement (toutes à l’extérieur), et jamais de plus de 9 points (à Narbonne et à Tarbes), les Agenais ne se laissent jamais décrocher dans un match. Grâce à un état d’esprit très froid, très pragmatique, ils peuvent aisément revenir au score quand ils sont menés, ou a contrario gérer leur avantage d’une main de maître, comme face à Narbonne en demi-finale, alors qu’ils menaient 12-3 à la pause et ont poussé les Audois à la faute, se nourrissant de leurs erreurs. « C’est une équipe solide, difficile à manœuvrer, qui s’est bien construite cette saison sur une bonne occupation par du jeu au pied efficace, un réalisme à toute épreuve, une très bonne défense, la capacité d’accélérer par moments quand ils en ont l’opportunité. Ils sont deuxièmes et c’est mérité sur leur travail de la saison, c’est vraiment un bon morceau pour terminer la saison », commente Fabrice Ribeyrolles.

Dans le sillage de leurs joueurs clés du huit de devant tels que le troisième ligne centre Marc Giraud, le flanker Antoine Erbani, ou le talonneur et capitaine Jalil Narjissi, les Lot-et-Garonnais s’appuient sur les vertus du combat et du contact. Durs à l’impact, nul doute que leur envie sera décuplée pour une finale. Les Rochelais devront obligatoirement répondre présents dans ce domaine pour espérer l’emporter, encore davantage que contre Pau.

Des trois-quarts talentueux et efficaces

Outre de valeureux avants, Agen bénéficie d’une très bonne ligne de trois-quarts. Avec 81 essais inscrits lors de la phase régulière, c’est la deuxième meilleure attaque du championnat derrière Lyon (68 pour La Rochelle). C’est dire si la tâche des Jaune et Noir sera ardue dimanche ; ils devront obligatoirement être au moins aussi bons que d’habitude en défense, ne pas rater un seul plaquage. « Ils ont une bonne charnière, avec un très bon neuf, un paquet d’avants équilibré. C’est une équipe vraiment pas facile à manœuvrer parce que bien en place, les joueurs se loupent pas sur le plan défensif. Après ils ont marqué pas mal d’essais, ils sont capables de poser leur jeu, ils ont cette capacité à poser le jeu puis accélérer dans les 22m adverses, à marquer quand ils le doivent. Ils ont des qualités offensives, s’ils sont deuxièmes c’est qu’ils ont quelque chose. Ils ont de la qualité, on sait qu’il faudra faire un gros match si on veut éviter de répéter les deux revers de la saison », analyse l’entraîneur rochelais.

La charnière agenaise brille au travers des jeunes Alexis Bales (9) et Raphaël Lagarde (10), deux joueurs complémentaires et véloces qui dynamisent efficacement l’attaque lot-et-garonnaise. Le dernier nommé est un très bon ouvreur, auteur de 2 drops en demi-finale de plus de 40m, et perçant plusieurs fois la ligne narbonnaise. Il faudra le surveiller particulièrement. Mais ce n’est pas le seul atout dans la manche agenaise. L’ailier canadien Taylor Paris brille par sa finition depuis son arrivée et a déjà marqué 11 essais. Il est surtout très bon défenseur et puissant, assurément un atout pour Agen. Sans oublier les rapides Ludik (centre) et Lamoulie (arrière). Bref, Agen a partout des arguments à revendre, que les Rochelais devront museler et surveiller de près.

Une bonne conquête et de l’efficacité

Les Jaune et Noir devront donc être présents devant. La conquête, impeccable face à Pau, devra obligatoirement continuer sur sa lancée. Les touches ont été très propres et ont permis de bons lancements de jeu (le deuxième essai de Botia). Elles devront l’être tout autant contre Agen, où chaque munition vaudra cher. Dans le jeu, la guerre des rucks sera une des clés du match. Une des potentielles faiblesses d’Agen réside dans l'indiscipline. Ils ont encaissé 10 cartons de plus que les Rochelais. Défensivement, s’ils n’ont concédé que 2 essais de plus que les Rochelais (39 contre 37), ils ont encaissé 16 pénalités de plus (91 contre 75). Il faudra donc assurer des libérations propres et rapides, non seulement pour les prendre de vitesse et lancer l’attaque, mais aussi pour les mettre à la faute et profiter de leur indiscipline, que ce soit pour marquer des points (pénalités) ou occuper le terrain (touche).

Face à une bonne défense parfois filoute, les Maritimes devront se montrer très efficaces offensivement. Le coach maritime détaille : « Il faudra de l’efficacité. C’est ça qui nous a fait défaut contre Lyon, qui aurait pu nous porter préjudice contre Pau sans cette deuxième mi-temps dominatrice, de marquer sur nos temps forts par des drops, des pénalités, ou des surnombres extérieurs pas bien exploités ou pas du tout. En phases finales il faut savoir marquer sur nos temps forts. Agen, ils sont très bons dans ce domaine, ils ont tapé des drops de 40m en demie, ils mettent beaucoup de pression sur l’adversaire par du jeu au pied intelligent. Ils ont la capacité de marquer sur leurs incursions dans le camp adverse. » Les grosses occasions ne devraient pas être légion, et quand une occasion se présentera, il faudra marquer et être encore plus réalistes que face à Pau. Il faudra donc une efficacité à la fois offensive et défensive. Pas simple, mais les Rochelais peuvent le faire, surtout s’ils sont poussés par leurs supporters.

Le stade sera jaune et noir

C’est la seule certitude avant ce match : le stade devrait être largement acquis à la cause des Rochelais. Dans un sport où le mental est primordial, le soutien de milliers de supporters encourageant les Jaune et Noir pourrait être déterminant. Les joueurs auront besoin de leurs supporters et l’ont d’ores et déjà fait savoir, à peine le match contre Pau terminé, par la voix de Fabien Fortassin notamment : « J’espère que tous nos Rochelais viendront nous voir à Bordeaux, parce qu’on aura vraiment besoin d’eux. Ils nous ont beaucoup aidés ce soir, j’espère voir beaucoup de jaune et de noir à Bordeaux ». Fabrice Ribeyrolles précise : « C’est toujours un plus, on connaît l’engouement, il va être bien visible dimanche dans les tribunes. On a rendu des gens heureux et ils croient encore en nous pour vivre un moment extraordinaire, c’est vrai que c’est toujours une fierté de représenter la ville et de rendre les gens heureux. Ce sera un plus sur les moments difficiles, parce que des moments difficiles il y en aura en finale, et leur soutien comptera vraiment quand on sentira tous les Jaune et Noir derrière nous ». Les nombreux supporters rochelais auront bel et bien leur rôle à jouer.

Nul besoin de le rappeler, l’importance de ce match est connue, la montée en Top 14. Alors qu’un seul match décidera du futur proche, comment le groupe gère-t-il la pression ? « On a déjà mis une grosse pression la semaine dernière, recevoir une demi-finale ça nous met sous tension, parce qu’on comprendrait pas de perdre une demie à domicile, donc la pression était importante contre Pau avec le public », répond déjà l’entraîneur des trois-quarts, avant de conclure : « Là on sait que c’est un match qui nous permettrait de vivre un moment fabuleux dimanche et la saison prochaine, il faut mettre tous les éléments de notre côté pour ne pas avoir de regrets, c’est le plus important. Ne pas ressasser ce qu’on aurait pu faire mais tout faire le jour J pendant 80 minutes ». Tout est dit. Maintenant, place au terrain.

N.C.

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